Un onboarding MFT, aujourd'hui, c'est une danse à sens unique. Mon équipe envoie les spécifications techniques. Le partenaire lit, répond, interprète parfois à sa façon. Des allers-retours. Des formats incompatibles. Des clés générées avec les mauvais algorithmes. Un test de transfert raté. Un deuxième. Une semaine de silence. Une relance. Six semaines plus tard — si tout se passe bien — le partenaire est actif.
J'ai automatisé mon côté de cette danse — ou plutôt, j'y travaille. Mon premier use case avec Claude AI cette année : un agent qui doit envoyer les emails, gérer les relances, valider les tokens, activer dans Axway. Pas encore en production, mais l'architecture est posée et les tests avancent. Mais le partenaire, lui, répond toujours à la main.
Alors j'ai commencé à me poser la vraie question : qu'est-ce qui se passe quand lui aussi a un agent ?
Avant d'imaginer le futur, regardons le présent sans l'habiller. Voici ce qu'un onboarding MFT standard ressemble vraiment, depuis le terrain.
Six semaines en moyenne pour un onboarding "simple". Trois mois pour un partenaire avec une DSI lente. Et dans les deux cas, l'immense majorité du temps n'est pas du travail — c'est de l'attente.
Voici la question qui m'obsède depuis plusieurs semaines : si on pose un agent IA de chaque côté de la table, qu'est-ce qui se passe réellement ?
Ce n'est pas un fantasme. Dans 18 à 24 mois, les entreprises qui ont commencé à automatiser leurs processus aujourd'hui vont avoir des agents opérationnels. Les early adopters sont déjà en train de construire. Et à un moment, deux agents vont se retrouver en face à face.
Voici à quoi ça pourrait ressembler — un dialogue entre deux agents lors d'un onboarding MFT. Mon agent chez Lazard (Agent-A), celui du partenaire (Agent-B), avec validation humaine des deux côtés.
Ce dialogue m'a pris 3 heures à écrire en imaginant chaque étape. Dans la réalité, ce même échange prendrait moins de 2 heures — contre 6 semaines aujourd'hui. Pas parce que les vérifications sont sautées. Parce qu'elles sont faites instantanément, en parallèle, sans temps mort.
La réduction du temps est spectaculaire. Mais ce n'est pas le plus important. Ce qui change vraiment, c'est la nature même de l'interaction.
Dans l'exemple ci-dessus, l'écart sur la plage horaire a été détecté, escaladé, validé et intégré en moins de 15 minutes. Aujourd'hui, ce type d'écart génère une semaine d'emails. L'agent ne "fait pas semblant" d'avoir compris — il analyse la contrainte, identifie le delta, propose une résolution, et attend la validation humaine uniquement si c'est nécessaire.
Et tout est tracé. Chaque échange, chaque décision, chaque exception accordée : un log structuré, horodaté, auditable. Le RSSI ne reconstruit plus l'historique après coup. Il l'a en temps réel.
Combien de fois ai-je reçu une clé RSA-2048 alors que je demandais ED25519 ? Combien d'onboardings ont pris deux semaines de plus parce que le format de fichier était UTF-16 au lieu d'UTF-8 ? Dans un monde agent-à-agent, l'Agent-B vérifie les spécifications avant de générer quoi que ce soit. Il lit, compare, valide, et génère conforme. Le test de connexion devient une formalité — pas un diagnostic.
Dans mon exemple, il y a deux interventions humaines : la RSSI du partenaire valide l'exception de plage horaire, la RSSI de Lazard valide l'activation en production. Deux décisions qui engagent une responsabilité. Tout le reste — la vérification technique, la génération de clé, les tests, la mise à jour des systèmes — est délégué aux agents.
Ce n'est pas "retirer l'humain du processus". C'est le repositionner exactement là où son jugement a de la valeur.
Cette vision est séduisante. Mais elle ne va pas sans poser des questions sérieuses que je veux adresser honnêtement.
Ces risques ne invalident pas la vision. Ils définissent le travail à faire. Et ce travail commence maintenant — pendant qu'on a encore le temps de construire les bonnes fondations.
Il y a une question que j'entends souvent, à peine voilée : "Si les agents gèrent l'onboarding, qu'est-ce qu'on fait ?" La réponse courte : on fait enfin le travail pour lequel on est le mieux placé.
Personne ne peut configurer un agent pour qu'il négocie correctement si personne ne comprend ce qu'il négocie. Les spécifications techniques, les contraintes de sécurité, les implications réglementaires, les particularités de chaque partenaire — tout ça reste humain. L'agent exécute. L'ingénieur définit les règles du jeu.
Ce qui change, c'est la proportion du temps. Aujourd'hui, 80% du temps d'un onboarding est de la coordination, du suivi, de la relance. Demain, ces 80% seront gérés par des agents — et l'ingénieur pourra consacrer son énergie aux 20% restants : l'architecture, la sécurité, les cas exceptionnels, la gouvernance.
Je construis mon premier use case cette année : un agent conçu pour gérer la rotation des clés, les relances partenaires, la validation HITL. C'est un côté de la table — le mien. Pas encore en production, mais la direction est claire.
L'autre côté sera prêt dans 2 à 3 ans pour les organisations qui commencent maintenant. Peut-être 5 ans pour celles qui attendent que ça devienne la norme. L'écart se creuse déjà.
La question que je me pose chaque semaine n'est plus "est-ce que l'IA va changer le MFT ?" Elle est : "Est-ce que je serai prêt quand mon partenaire arrivera avec son propre agent ?"
La bonne nouvelle : construire pour un monde agent-à-agent, ça commence exactement de la même façon que ce que je documente sur ce blog. Un cas d'usage. Une automatisation. Un agent bien gouverné. Brique par brique.
Et quand les deux côtés seront prêts, l'onboarding qui prenait 6 semaines prendra une matinée.

Ingénieur diplômé de l'ESIEA, 15 ans d'expérience sur des plateformes MFT en production — Axway B2Bi, Gateway, Integrator, CFT. Passé par l'AIFE, Groupama, Arval BNP Paribas et SFR Distribution. Aujourd'hui consultant chez Lazard, j'explore comment les agents IA peuvent transformer le MFT de l'intérieur.
MFT onboarding today is a one-sided dance. My team sends technical specifications. The partner reads, responds, sometimes interprets differently. Back-and-forth. Incompatible formats. Keys generated with deprecated algorithms. A failed connection test. A second one. A week of silence. A follow-up. Six weeks later — if everything goes well — the partner is live.
I'm working on automating my side of this dance — that's my first AI use case this year with Claude. An agent designed to send emails, manage follow-ups, validate tokens, activate in Axway. Not running in production yet, but the architecture is in place and testing is progressing. Meanwhile, the partner still responds manually.
So I started asking the real question: what happens when they have an agent too?
Here's what a full agent-to-agent MFT onboarding might look like. My agent at Lazard (Agent-A), the partner's agent (Agent-B), with human validation on both sides.
The time reduction is spectacular. But it's not the most important part. What really changes is the nature of the interaction.
Configuration errors disappear before the test. The gap in the time window was detected, escalated, validated and integrated in under 15 minutes. Today, that kind of gap generates a week of emails.
The human role shifts to what matters. Two human interventions: the partner's CISO validates the time window exception, Lazard's CISO validates production activation. Two decisions that carry accountability. Everything else — technical validation, key generation, testing, system updates — is delegated to agents.
I'm building my first use case this year: an agent designed to handle key rotation, partner follow-ups, HITL validation. One side of the table — mine. Not in production yet, but the direction is clear.
The other side will be ready in 2 to 3 years for organizations that start now. Maybe 5 years for those who wait until it becomes the norm. The gap is already growing.
The question I ask myself every week is no longer "will AI change MFT?" It's: "Will I be ready when my partner shows up with their own agent?"
Building for an agent-to-agent world starts exactly the same way as everything I document on this blog. One use case. One automation. One well-governed agent. Brick by brick.

15 years on production MFT platforms — Axway B2Bi, Gateway, Integrator, CFT. Previously at AIFE, Groupama, Arval BNP Paribas and SFR Distribution. Now exploring how AI agents can transform MFT from the inside.